Chaoctet

 
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presentation

Né en 2017, le Chaoctet est une formation à géométrie variable destinée à faire le pont entre les expressions les plus aventureuses du jazz actuel, les grands courants de la musique contemporaine du XXème siècle et l’exploration du monde microtonal.

Les différentes versions du projet seront l’occasion de mettre l’accent sur divers aspects de l’écriture (microtonalité, exploration rythmique, orchestration,…), avec comme dénominateur commun l’expérimentation dans l’écriture et la recherche d’interaction au sein de l’ensemble.


Chaoctet II

Pensé à la fois comme une continuation et une bifurcation vis-à-vis du projet initial, la deuxième mouture du projet polymorphe Chaoctet questionne ses propres contours. 

Le nom Chaoctet II renvoie à la fois à sa position dans les incarnation de cette démarche (bien que la première soit intitulée Chaoctet V), mais aussi au nombre de musiciens qui le compose (11), ainsi que le nombre de pièces composées pour l’occasion (2). Ou plutôt s’agit-il de suites, qui ont pour titres Bells et Spasms, et dont les mouvements sont nommés d’après des slogans que l’on pouvait lire dans les rues de Paris au moment de Mai 68. 

Cette résonance avec l’esprit des contestations de Mai 68 est à la fois liée à une démarche artistique de libération dans l’écriture musicale, et à un sentiment profond d’une connexion entre le travail de création et la résistance politique (Deleuze simplifiera cette connexion à l’extrême : « Créer, c’est résister »), exacerbé par les mouvements analogues qui peuvent émerger en France aujourd’hui. Mais c’est la charge poétique qu’a pu contenir cette période du printemps 68 qui fut la principale influence du répertoire, en s’imprégnant de la puissance évocatrice de ces phrases-slogans tantôt dures, directes, crues, tantôt imagées, énigmatiques ou parfois même absurde (comme le charmant « L’orthografe est une mandarine », qui n’a malheureusement pas trouvé sa place dans ce programme).

La démarche d’exploration de divers modes d’accordage a été continuée ici, mais de manière à se plier aux exigences des instruments à vent, qui ne permettent ni un accordage numérique (comme les claviers), ni une multiplicité d’accordages tempérés (instrument à cordes). Les trois façons d’explorer la microtonalité pour ces instruments furent donc : l’utilisation de quarts de tons, l’exploitation des harmoniques naturelles et la cohabitation de diapasons différents au sein de la section de soufflants. Les basses et la guitare ont suivi les même voies (les quarts de tons étant permis par un décalage de 50cents dans l’accordage d’une corde sur 2). Seul le clavier peut explorer d’autres accordages, qui se sont éloignés de la division égale de l’octave : gamme H16 (les 16 premières harmoniques naturelles ramenées dans un octave), l’ « alpha-scale » de Wendy Carlos (division par 9 de la quinte juste), et le 88cet (cent-equal temperament : les notes sont toutes espacées de 88 centièmes de demi-ton).

L’autre grande problématique compositionnelle de ce répertoire fut l’orchestration, celle-ci étant particulièrement riche, à la fois par la présence de musiciens pouvant jouer divers instruments (clarinette/clarinette basse, trombone/trompette, différents saxophones), et par la palette sonore que permettent les instruments électriques transformés et les claviers.

Cette accent mis sur l’harmonie et l’orchestration a conduit à une minoration de l’importance de la mélodie au profit d’une pensée tantôt texturale, tantôt motivique-rythmique. Celle-ci a été traduite, autant que faire se peut, à la fois dans le matériau fixé et dans les directions d’improvisations.

Car l’inspiration de Mai 68 n’aurait pas été complet si l’écriture n’avait pas ménagé des espaces de liberté pour les interprètes. Mais des espaces de liberté stimulant une approche originale de l’improvisation et au jeu en groupe, plutôt qu’un rapport de la mélodie avec une harmonie fixée, ou du soliste avec une rythmique statique.

Line-Up

Shems Bendali • trompette
Zacharie Ksyk • trombone, trompette
Clément Meunier • clarinette, clarinette basse
Micaël Vuataz • saxophone alto & soprano
Louis Billette • saxophone tenor & soprano
Theo Duboule • guitare
Andrew Audiger • claviers
Gaspard Colin • basse
Yves Marcotte • basse, trombone, direction
Nathan Vandenbulcke • batterie
Leo Juston • batterie

Bios

Répertoire

Bells :
I. A bas le vieux monde
II. Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps
III. Le n’importe quoi érigé en système
IV. Le feu réalise !

Interlude : La forêt précède l’homme, le désert le suit

Spasms :
I. Un révolutionnaire est un danseur de cordes
II. Ici, bientôt, de charmantes ruines
III. Merde au bonheur (vivez)
IV. Pourvu qu’ils nous laissent le temps

Toutes les compositions et les arrangements sont de Yves Marcotte

Fiche technique


Chaoctet V

Cette première mouture consiste en une double section rythmique (2 batteries, 2 basses, clavier, guitare) explorant différentes divisions de l’octave dans un univers jazz-rock ayant digéré les influences de Debussy, Ligeti, Henry Threadgill et Meshuggah. 

repertoire

« V » est le nom de la suite en cinq mouvements composée pour cette formation. Les mouvement extrêmes sont écrits pour quintet sans guitare et avec deux claviers. Ils revisitent l’héritage de l’écriture pianistique du XXème siècle en s’ouvrant sur une revisitation de l’univers des Préludes de Debussy, et en se concluant sur un final frénétique empruntant à l’écriture virtuose des Etudes de Ligeti (mais aussi aux textures de la pièce pour orgue Volumina). Ces réappropriations sont masquées d’abord par une orchestration jazz-rock qui peut rappeler tantôt Herbie Hancock, tantôt ELP, et par une utilisation de divisions de l’octave par 15 puis 21 dans le premier mouvement, 21  puis 30 dans le dernier.

Les mouvements intermédiaires, avec guitare et deux basses, sont très contrastés. Le deuxième mouvement fait entendre deux trios distincts, le premier (avec guitare) s’inspire de la puissance hypnotique des riffs de Meshuggah, le second ouvre l’espace sonore sur une une couleur harmonique statique. Les deux trios alternent puis se superposent, jusqu’à une synthèse finale. Le quatrième mouvement s’inspire quant à lui de l’écriture contrapuntique d’Henry Threadgill pour tisser une polyphonie et une polyrythmie étrange dont émerge un thème où transparaît l’écriture de Frank Zappa. Ces mouvements sont écrits respectivement dans une division par 16 et 18 de l’octave.  

La partie centrale est une élégie électro-acoustique contemplative qui s’épuise en son centre pour atteindre le minimum d’intensité de la suite, puis revenir

Line-Up

Theo Duboule • guitare (2,4)
Andrew Audiger • claviers
Gaspard Colin • basse
Yves Marcotte • basse (2,4), claviers (1,5), électronique (3)
Nathan Vandenbulcke • batterie
Leo Juston • batterie